Lille pas assez attractive pour l’Agence du Médicament

Lille

La déception est palpable à Lille. La maire de la ville Martine Aubry (PS) et le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand (LR) n’ont pas caché leur colère après l’échec de la candidature de cette ville à l’accueil du siège de l’Agence européenne du médicament, regrettant « le soutien tardif et timide » du chef de l’État. C’est Amsterdam qui a été choisie ce lundi pour succéder à Londres comme siège de l’Agence du médicament (AEM). Retenue par le gouvernement Cazeneuve pour représenter la France dans cette compétition, Lille a été écartée de la course dès le premier tour, d’après une source diplomatique à Bruxelles, un échec cuisant. Elle n’a recueilli que trois points, ce qui signifie qu’un seul des 27 États membres, probablement la France, a fait de Lille son premier choix. Chaque État devait distribuer six points, les trois à son premier choix, deux à son deuxième choix et un à son troisième choix. « En dépit (d’une) fantastique mobilisation » des professionnels de la santé, des entreprises et des élus des Hauts-de-France, « nous ne pouvons que regretter le soutien tardif et timide affiché par le président de la République », souligne Martine Aubry (PS) et Xavier Bertrand (LR) dans leur communiqué. « Alors que Lille, la MEL (métropole européenne de Lille) et la région Hauts-de-France portaient cette candidature depuis plus de six mois, c’est seulement la semaine dernière que le président de la République, en saluant notamment le travail remarquable que nous avons entrepris pour la constitution du dossier, a exprimé publiquement son soutien à notre initiative commune. Or une véritable mobilisation du président Macron aurait fait la différence », affirment les signataires. En visite à Roubaix et à Tourcoing lundi et mardi, Emmanuel Macron avait assuré qu’il allait « mettre tout (son) poids » pour que Lille soit choisie. « J’y crois », avait-il dit. « C’est extrêmement désolant de ne pas avoir été défendu au plus haut niveau », a affirmé Martine Aubry lors d’un point de presse lundi. « La France n’a pas cherché de soutien, ce n’est pas possible », le fait que Lille n’ait obtenu que trois points, « c’est la preuve éclatante qu’il n’y a eu aucune recherche de soutien à notre candidature », a pour sa part déclaré Xavier Bertrand. « Nous avions la conviction, nous avons maintenant la preuve » que le sommet de l’État n’a pas appuyé Lille, a renchéri Martine Aubry. Le président des Hauts-de-France s’est dit « profondément amer ». « On avait fait l’union sacrée, avec Martine Aubry et Damien Castelain », le président (centre droit) de la métropole européenne de Lille. « Sans le soutien (présidentiel), c’était évident que l’on n’allait pas gagner ». Martine Aubry et Xavier Bertrand ont reproché au président Macron d’avoir fait campagne pour l’accueil par Paris de l’Agence bancaire européenne. La ministre de la Santé « Agnès Busyn s’est mobilisée, mais en même temps Benjamin Griveaux (secrétaire d’État à l’Économie) faisait campagne » pour accueillir à Paris l’agence bancaire, a ainsi déploré Xavier Bertrand. « La finance est à leurs yeux plus importante que la santé », a fustigé l’ancien ministre de la Santé, dénonçant un « mauvais coup pour la région mais aussi pour la France ».