Projet d’attentat à Lille

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Abasourdis. Lorsque les agents de l’antiterrorisme ont débarqué à 6h00 du matin, mardi, dans ce pavillon d’une rue tranquille de Wattignies (Nord), la famille « n’a pas compris » ce qui se passait. Et pour cause : Ismaël, mis en cause dans une enquête préliminaire ouverte le 30 décembre sur un projet d’attentat, était, pour ses proches, un étudiant plutôt calme, « et pas très assidu à la mosquée » Al-Houda, pourtant située à moins de 200 mètres. Ismaël est le deuxième enfant d’une fratrie de cinq. Un étudiant en commerce à Lille-1, qui avait décroché son bac scientifique avec mention, en juin dernier, trois mois avant ses dix-huit ans. Sa mère est assistante maternelle, son père assistant d’éducation. La famille fréquente la mosquée à la prière du vendredi. Toutefois, selon le responsable de la mosquée Al-Houda, interrogé par la Voix du Nord, Ismaël n’était « pas connu » parmi le millier de fidèles du lieu. En réalité, sa fréquentation de la mosquée est d’autant plus irrégulière qu’Ismaël souffre d’un handicap des deux jambes, consécutif à un arrachement ligamentaire au football, à 15 ans. « Souvent, il avait trop mal pour venir le vendredi », confie une proche. Il se déplace même parfois en fauteuil roulant, ce qui complique aussi son cursus à la fac, à Villeneuve-d’Ascq. En outre, les enfants du quartier sont majoritairement plus jeunes que lui, et les amis de son âge y sont donc rares. S’est-il senti isolé ? Une proche confie qu’Ismaël avait l’air de consulter un peu plus Internet » ces derniers mois, « surtout sur son smartphone ». Mais en famille, il ne parlait « pas du tout » de religion. Selon les premiers éléments récoltés auprès d’une source judiciaire, dans la maison familiale les enquêteurs n’ont d’ailleurs saisi que du matériel informatique et électronique. « On espère avant tout qu’il sera innocenté », explique un membre de la famille. « Et si ce n’est pas le cas, on veut comprendre comment il en est arrivé là, avec qui il était en contact ».