La guerre du tourisme ?

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Conçue pour booster le développement local, Lille Métropole peut désormais créer un office de tourisme métropolitain. Les offices, existant dans les communes animés par des associations ou gérés par les villes, sont donc voués à disparaître, au moins de manière statutaire. Ce changement en temps de crise, qui peut apparaître anodin, a été peu ou pas du tout anticipé par certains élus et ne va pas manquer de causer quelques problèmes et autres dégâts collatéraux. Ainsi, quid des locaux des offices ? Quid de l’affectation du produit de la taxe communale de séjour ? Quid du personnel des offices ? Quid du prélèvement sur les produits des jeux de casino lié à l’exercice de la compétence tourisme ? Olivier Henno, vice-président de Lille Métropole, chargé notamment du tourisme, souhaite calmer le jeu d’emblée et susciter le consensus pour faire passer la loi MAPAM en douceur. D’autant plus « qu’au mandat précédent, on aurait pu déjà mener une politique volontariste en termes de tourisme. La loi MAPAM nous oblige à prendre cette compétence. On avait envisagé de discuter avec les villes en 2015, mais la DGCL (Direction générale des collectivités locales) impose le 1er janvier. On se donne six mois pour régler les modalités pratiques. » Le président de Lille Métropole et l’exécutif veulent « aller au-delà de la loi, dans le cadre d’une vraie stratégie métropolitaine. Car il est peut-être temps, pour Olivier Henno, de vendre le produit Métropole, de devenir opérateur avec les douze offices de tourisme » (Marcq-en-Barœul se retirant). Avec « des atouts et des défis, des marges de progrès, car les visiteurs restent une nuitée dans la métropole, tandis qu’ils restent trois nuitées à Lyon ». Cependant, l’exécutif de LMCU (aujourd’hui MEL) ne veut« pas imposer la loi, un schéma ». Il souhaite agir, rappelle Olivier Henno, « de manière consensuelle, dans un profond respect des identités des communes et des offices de tourisme, de l’histoire de la métropole ».