Lille – contrôler les arrêts de travail

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Peut-être avez-vous déjà reçu la visite d’un médecin mandaté par une société privée, alors que vous étiez en arrêt maladie. La société Securex France, installée à Lille, s’en est fait une spécialité, au point de revendiquer le titre du leader de ce marché bien particulier. Mais qu’est-ce qu’une contre-visite médicale ? « Les employeurs nous appellent quand il y a un arrêt de travail, développe Christophe Toulemonde, directeur de Securex France. Le but est de lever le doute par rapport à une pathologie ou à la durée d’un arrêt. » Concrètement, la société mandate un médecin – qui n’est pas son salarié – au domicile de l’employé en arrêt de travail. Le docteur procède à un examen médical et, si nécessaire, à un examen clinique. Il transmet ensuite un avis administratif à Securex, dans lequel ne figurent pas d’informations médicales. Plusieurs cas de figure se présentent alors : soit l’arrêt est justifié (50 % des cas), soit il n’est plus justifié au moment de la visite (5 % des cas). Il peut également arriver que le médecin constate une absence du salarié (33 % des cas), un problème d’adresse (7 %), un problème de code d’accès (5 %) ou un refus de la contre-visite (moins de 1 %). « Quand nous constatons que la personne n’est pas là, l’employeur a légalement le droit de suspendre le salaire », explique Christophe Toulemonde. Mais il ajoute que sa société ne fait pas « de la chasse aux sorcières. » « Nous conseillons à l’employeur de rétablir le salaire. » Le directeur, qui ne veut pas faire du « flicage », recommande aux employeurs de donner les règles du jeu. « La contre-visite peut aussi être utilisée en préventif », explique-t-il, avant de donner en exemple son entreprise. « Chez Securex, à partir de la troisième absence sur douze mois, on effectue un contrôle. Là, on ne travaille pas sur une suspicion (d’abus NDLR). Il s’agit d’une règle du jeu établie, qui fonctionne plutôt bien. » Une meilleure gestion des ressources humaines, voilà l’objectif qu’affiche Securex avec ces contre-visites. Les salariés de l’entreprise ont même fait des études sur les arrêts maladie. « Dans une entreprise de taille moyenne, 5 % des gens usent et abusent des arrêts. 15 % des gens sont dit influençables. 80 % des gens sont là. » Selon Securex, les arrêts maladie sont saisonniers. « Le lundi qui suit la braderie de Lille, on a une augmentation des demandes de contrôle de 34 % », cite par exemple Christophe Toulemonde. L’impact le plus important de ces contre-visites est psychologique. « Il y a un impact dans 100 % des cas. » L’année dernière, Securex a effectué 4 129 contre-visites dans le Nord – Pas-de-Calais. L’entreprise a été créée en Belgique il y a cent ans. Elle est arrivée en France en 1972, avec une première implantation à Marcq-en-Barœul et avec un service : la contre-visite médicale. Depuis, l’entreprise s’est transformée en groupe international, avec un siège social à Bruxelles. C’est à Lille qu’est implanté le siège de Securex France. Une soixantaine de personnes y travaillent. Securex emploie une centaine de personnes en France, avec des bureaux implantés à Paris, Nantes, Avignon et Lyon. Securex France revendique 25 000 clients pour la contre-visite, dont 8 000 actifs tous les ans. Elle se revendique leader sur le marché français, avec 40 000 contre-visites par an, sur un total de 65 000 toutes sociétés confondues. La filiale a diversifié ses activités et propose actuellement des services de paie, de prévention des risques au travail…